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Un Si Grand Soleil : “J’étais anxieuse…”, Clémence Boeuf (*Charlotte) explique comment ses scènes sensibles ont été préparées

Entre préparation minutieuse et scènes difficiles, Clémence Boeuf, l’interprète de Charlotte dans Un si grand soleil, s’est confiée à Allociné sur cette arche coup de poing et délicate.

En tombant amoureuse de Sacha (Arthur Beaudoire), Charlotte (Clémence Boeuf) était loin de se douter que sa vie allait virer au cauchemar dans Un si grand soleil.

Il faut dire que sous ses airs de gendre idéal, Sacha s’est révélé manipulateur et toxique. Après avoir poussé Charlotte à se droguer et à faire une sextape, le jeune homme a montré une face encore plus sombre en violant l’adolescente.

Une intrigue coup de poing qui met en lumière les mécanismes de l’emprise et la spirale infernale dans laquelle peuvent tomber les victimes lorsqu’elles croisent la route d’un prédateur.

Clémence Boeuf, qui incarne Charlotte, s’est confiée au micro d’Allociné sur cette arche particulièrement forte et sur les difficultés rencontrées lors du tournage de certaines scènes.

Allociné : Si on remonte au tout début de votre aventure Un si grand soleil, qu’est-ce qui vous a séduite dans le rôle de Charlotte ?

Clémence Boeuf : Sa liberté d’expression face à sa souffrance. Charlotte est une adolescente qui a énormément souffert. Lorsqu’elle arrive dans la série, elle a perdu sa meilleure amie. Je trouve toujours très émouvant de voir comment les jeunes réagissent aux problèmes, à la douleur, à la souffrance. Oui, c’est brut, c’est dur, parfois vulgaire mais c’est tellement vrai. C’est de la souffrance pure et dure. J’entends souvent dire que Charlotte est une ado rebelle mais c’est bien plus que ça. Elle n’est pas rebelle pour le plaisir d’être rebelle. Il lui est arrivé des choses à un âge où l’on n’est pas censé les connaître.

Charlotte est au cœur d’une arche importante sur l’emprise. Comment cette intrigue vous a-t-elle été présentée par les auteurs et la production ?

Avant que je reçoive les scénarios, on m’avait prévenue que Charlotte allait traverser une tempête. Comme tout n’était pas encore vraiment construit, j’ai eu du mal à comprendre exactement ce qui allait se passer. Je savais juste que ça allait être fort et violent. Honnêtement, j’étais anxieuse à l’idée de faire tout ça surtout que Charlotte venait de sortir de deux arches assez violentes aussi. Ça faisait beaucoup. Je me suis donc demandé si j’allais y arriver en tant que comédienne ? Et est-ce que tout ça serait assez bien amené pour que l’on croie qu’il puisse vraiment se passer autant de retournements dans la vie d’une adolescente ?

Comment vous êtes-vous préparée pour cette scène de viol, à la fois sur le plan émotionnel et technique ? Avez-vous travaillé avec un coordinateur d’intimité ? Pouvez-vous nous raconter les coulisses de ce tournage si particulier ?

On a été accompagnés par Marie Duliscouët, une coordinatrice d’intimité vraiment super. Pour moi, c’était nécessaire d’en avoir une sur une scène comme celle-ci. Même si ce n’est pas nous, c’est quand même notre corps et la violence des gestes doit être pensée en amont pour que tout soit juste et sécurisant. Personnellement, ça m’a vraiment rassurée.

On a beaucoup échangé avec elle. Elle nous a demandé comment on imaginait la scène, ce qu’on avait envie de faire ou pas, comment on avait envie d’être touchés. Comme c’est très chorégraphié, on n’a presque plus la notion d’intimité.

Et puis c’était Axelle Laffont à la réalisation. Elle est absolument géniale. J’avais une confiance aveugle en elle. Quelques jours avant le tournage, j’étais stressée mais j’ai toujours pu aller la voir pour lui faire part de mes peurs. Et le jour J, je n’avais plus aucun stress.

J’ai aussi été beaucoup aidée par la production. J’ai pu leur faire part de mes craintes, dire quand j’étais fatiguée, quand c’était trop parce que c’était une arche longue et intense. J’ai tourné tous les jours pendant deux mois avec de grosses séquences et franchement, tout le monde a été aux petits soins avec moi.

Comment s’est passée votre collaboration avec Arthur Beaudoire, l’interprète de Sacha, pour construire cette relation complexe à l’écran et pour toutes les scènes d’intimité ?

Je m’entends hyper bien avec Arthur, ça s’est super bien passé. On a réussi à se connecter assez vite. C’est toujours compliqué dans un format quotidien parce qu’on ne tourne presque jamais les scènes dans l’ordre. On a dû se faire confiance tout de suite. Et là, en l’occurrence, ça s’est très bien passé.

Charlotte a toujours été une jeune femme forte, affirmée et qui ne se laisse pas faire. Va-t-elle finir par comprendre qu’elle est sous l’emprise de Sacha ?

Je trouve que c’est intéressant que ça arrive à ce personnage-là. Ça peut arriver à tout le monde de tomber amoureux de la mauvaise personne et de subir. On a beau avoir toutes les armes et savoir exactement comment s’en sortir, on peut ne pas y arriver. Et puis il ne faut pas oublier que malgré tout ce qu’elle a déjà vécu pour son âge, rien n’est vraiment comparable à ce qu’elle traverse là. Elle n’a aucun exemple sur lequel s’appuyer. Et surtout, elle n’a plus personne à qui en parler à ce moment-là.

Même si elle aime ses parents et ses amis, elle a aussi peur d’être jugée alors elle ment. Je pense qu’elle aurait pu se confier à Noura si elles avaient été encore amies mais ce n’est plus le cas. Cette solitude renforce le tourbillon d’émotions qu’elle traverse et le fait qu’elle soit totalement sous l’emprise d’un pervers narcissique. Et malheureusement, beaucoup de jeunes filles, de jeunes femmes et même d’adultes peuvent se reconnaître dans ce genre de situation.

Va-t-elle avoir le déclic ?

Le déclic, elle va finir par l’avoir mais ça va mettre beaucoup de temps car elle est totalement prise au piège. C’était vraiment important pour moi qu’on comprenne qu’elle n’a pas le choix dans cette histoire. Elle a l’impression que tout va s’écrouler si elle ne fait pas ce qu’on lui dit. Il ne faut pas oublier qu’elle a été violée par cette personne. Elle a donc peur de la violence et des représailles. Au début, quand j’ai vu qu’il y avait une histoire de fausses accusations d’agression sexuelle envers un policier, en tant que jeune femme de 25 ans, j’avais besoin qu’on comprenne que ce n’était pas elle. J’avais peur que cela décrédibilise les plaintes et les agressions sexuelles que beaucoup de femmes vivent au quotidien. Il fallait montrer que c’est l’emprise et les agressions de Sacha qui la poussent à agir ainsi. Et il est important de préciser que le but ici n’est pas de décrédibiliser la parole des femmes. Charlotte est clairement une victime de Sacha.

Peut-on espérer une réconciliation entre Charlotte et Noura ?

Oui ! On attendait ça avec impatience avec Mariel-Louise. C’était trop triste à jouer car Mariel-Louise est une amie. C’était difficile de se projeter dans l’idée que deux jeunes filles se déchirent pour un garçon. Ça nous a vraiment fait de la peine de le faire. On avait besoin de se faire un câlin après les scènes où on se criait dessus pour se dire qu’on s’aimait (rires).

Avez-vous eu des retours du public face à cette arche forte ?

Ces derniers temps, ça a été un peu compliqué. Sur les réseaux, avec l’intelligence artificielle, il y a eu beaucoup de fausses photos de moi qui circulaient, parfois dénudées ou en maillot de bain pour teaser un viol. Ce n’est pas très élégant comme manière de faire pour obtenir des vues. Ça me fait un peu peur.

En plus de ça, il y a eu beaucoup de commentaires très violents comme : “Elle l’a bien cherché“, “Elle n’avait qu’à pas se mettre dans cette situation“, “C’est de sa faute“. En tant que jeune femme, ça m’a fait beaucoup de peine. Ça ne m’a pas fait de la peine pour moi en tant que comédienne mais en tant que jeune femme de 25 ans. C’est profondément triste d’entendre ce genre de discours encore aujourd’hui.

Avez-vous eu des commentaires positifs malgré tout ?

Oui, heureusement ! J’ai reçu pas mal de messages de personnes qui trouvaient important de montrer ce genre de sujet à la télévision surtout dans une série aussi regardée. Beaucoup m’ont dit que ça permettait de mettre en lumière une réalité qui existe et que l’arche était bien construite.

Avez-vous des projets en dehors de la série dont vous pouvez nous parler ?

J’ai joué dans la série Désenchantées, réalisée par David Hourrègue. J’ai pris un plaisir fou à travailler avec lui et toute son équipe. C’est vraiment un homme incroyable. Je pense que ça a été l’une des meilleures expériences de ma vie et j’espère avoir l’occasion de retravailler avec lui. Et puis c’est une vraie pépite cette série, elle aborde des sujets importants de manière intelligente. C’était vraiment merveilleux.

J’ai aussi joué dans Déter, une série sur la jeunesse dans le milieu agricole. C’était un projet qui a duré 8 mois dans une toute petite ville de Bretagne et je m’y suis fait mes meilleurs amis. Elle a été annulée depuis mais elle est toujours disponible sur France.tv.

Récemment, j’ai tourné dans un film japonais, The Moon is Watching, où j’ai un petit rôle. Je suis également dans le téléfilm Meurtres à Angoulême. En parallèle, je me suis remise au théâtre et je prépare les concours pour les grandes écoles.

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